revue de presse économique du mercredi 6 août 2008

Publié le par Vinteur

Social

Les français ont travaillé 41 heures par semaine en 2007

La durée moyenne du travail était de 41 heures en 2007. Tel est le bilan de l’enquête Insee Première n° 1.206 d’août 2008. Les agriculteurs arrivent en tête du palmarès avec 58,8 heures de travail hebdomadaires, suivis des artisans, commerçants et chefs d'entreprise (55 heures). Concernant les salariés, les cadres travaillent 44 heures, les professions intermédiaires 39,3 heures et les employés et ouvriers respectivement 38,2 et 37,8 heures. L'adoption de la récente loi assouplissant les 35 heures ne serait elle qu’un « miroir aux alouettes » ? Toujours est-il qu’elle semble rattrapée par les réalités des conditions de l’emploi : La Tribune d’aujourd’hui rappelle que la loi " Tepa " défiscalisant les heures supplémentaires n'est entrée en application que le 1er octobre 2007. Soit trop tard pour peser sur ces données.

L’enquête révèle en outre que près des deux tiers des 15-64 ans avaient un emploi, 90 % de ces personnes étant salariées. Le secteur tertiaire employait huit salariés sur dix. Les formes de contrats autres que le contrat à durée indéterminée (intérimaires, contrats à durée déterminée, stagiaires, contrats aidés, apprentis) représentaient 12 % de l'emploi total (sans augmentation significative par rapport à 2006).

L’efficacité du Smic en question

Social toujours, les économistes s'interrogent sur l'efficacité économique du Smic. Le projet de loi réformant le Smic, au menu de la rentrée parlementaire, ravive le débat sur la pertinence du salaire minimum pour lutter contre le chômage et la pauvreté. Si le principe d'un Smic augmentant automatiquement chaque année semblait faire l’objet d’un consensus, le  gouvernement a dévoilé en juillet dernier son " projet de loi en faveur des revenus du travail ", dont un volet porte sur le Smic. Un texte que le Parlement s'apprête à discuter dès fin septembre et qui risque de réveiller la polémique entre les tenants du statu quo et les partisans d'une réforme du mode de revalorisation du Smic.Les experts du CAE estiment en effet que " le salaire minimum, tel qu'il existe en France, n'est pas un moyen efficace pour réduire la pauvreté et les inégalités ", lui reprochant d'être trop élevé, trop rigide, trop étendu, d'être accompagné par trop de prestations sociales complémentaires (progressives dans le cas de la prime pour l'emploi, dégressives pour le RMI...) et d'inciter finalement peu à la reprise d'un emploi.

Des critiques que nuance Philippe Askenazy, professeur associé à l'École d'économie de Paris : si l'on regarde en effet les niveaux du salaire minimum en parité de pouvoir d'achat, on s'aperçoit qu'ils sont du même ordre au Luxembourg, en France, au Royaume-Uni et dans certains États américains.

La loi sur les obligations des chômeurs en termes d’ « offres raisonnables » s'appliquera cet automne.

La loi stipule que tout demandeur d'emploi est "tenu d'accepter les offres raisonnables d'emploi" telles que définies dans le texte. Refuser, sans motif légitime, à deux reprises une offre raisonnable d'emploi expose à une radiation, et le cas échéant à la perte de ses indemnités. La loi  promulguée le 1er août, n'entrera pas en vigueur avant cet automne. Dénoncée par les syndicats, le PS et les Verts comme un texte "humiliant les chômeurs",  la loi nécessite pour s'appliquer un décret qui paraîtra "probablement en octobre", selon l'entourage du secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez. Il s’agit pour le gouvernement, de "mieux accompagner" les chômeurs et de "mieux contrôler les abus".

Des abus pourtant "infimes" avait indiqué fin juin le directeur de l'ANPE.  Un chômeur ne peut pas se retourner contre l'ANPE si elle ne lui propose pas d'emploi raisonnable. En revanche, s'il est "inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi depuis plus de trois mois, est considérée comme raisonnable l'offre d'un emploi compatible avec ses qualifications et compétences professionnelles et rémunéré au moins 95% du salaire antérieurement perçu", indique la loi. Après six mois de chômage, le demandeur est tenu d'accepter une offre d'emploi, même si le salaire proposé atteint 85% de la rémunération précédente. Il doit aussi accepter d'aller travailler plus loin, une offre d'emploi étant considérée comme raisonnable si elle implique 60 km aller-retour ou deux heures de transports en commun. Après un an d'inscription à l'ANPE, une offre d'emploi est "raisonnable" dès lors qu'elle est "compatible avec les qualifications et les compétences du demandeur d'emploi et rémunéré au moins à hauteur du revenu de remplacement" versé par les Assedic ou, pour les chômeurs en fin de droit, l'Etat. Le chômeur qui cherche un travail à temps plein "ne peut être obligé d'accepter un emploi à temps partiel", précise la loi.


Secteurs et finance

Les banques françaises surmontent la crise

Petit retour en arrière. La Tribune datée d’aujourd’hui rappelle que le 7 août 2007, BNP Paribas suspendait la cotation de trois fonds spécialisés, donnant aux marchés financiers le signal du sauve-qui-peut : la crise du subprime, d’abord américaine, devenait mondiale. En France, si la Société Générale a particulièrement ressenti la sanction des marchés financiers en cédant près de 50 % de sa valeur, elle a néanmoins présenté des résultats semestriels légèrement supérieurs aux attentes. Les spécialistes craignent maintenant que l'activité banque de détail ne soit aussi touchée. La France dispose toutefois de solides atouts dans ce domaine. La banque de détail de BNP Paribas, contrairement à la Société Générale, a même enregistré des performances en hausse au deuxième semestre, son produit net bancaire ayant augmenté de 3% à 1,5 milliard d'euros.

Bercy veut soutenir les grosses PME

Le ministère de l'Économie planche sur plusieurs options afin de favoriser le développement des entreprises de 250 à 5.000 salariés, en leur faisant bénéficier d'un soutien de l'État. Parmi les pistes explorées, Bercy propose d'assurer leur financement et leur transmission, tout évitant de s’attirer un rappel à l’ordre en de Bruxelles en terme de respect des règles de la concurrence.

La FED maintient ses taux à 2%
Dilemme : inflation ou croissance ? La Fed semble craindre davantage du premier risque en maintenant  ses taux à 2 %, estimant dans un communiqué que l'inflation est  "une source d'inquiétude significative ", même si elle évoque – malgré tout - les risques sur la croissance.

Réforme

La loi de modernisation de l'économie désormais en vigueur

La LME comprend des mesures destinées à simplifier la vie des petites et moyennes entreprises, avec notamment une réduction des délais de paiement entre entreprises, une aide à la création de micro-entreprises, et la mise en place d'un statut de l'entrepreneur individuel.

Dans le domaine de la grande distribution, la loi prévoit une liberté d'installation pour les grandes surfaces en dessous de 1.000 m2, contre 300 m2 auparavant. Elle instaure également une liberté de négociation des prix entre les centrales d'achat des grandes surfaces et leurs fournisseurs. Ces deux mesures sont destinées à accroître la concurrence et faire baisser les prix pour les consommateurs. La LME modifie également le régime des soldes, avec l'instauration de deux semaines "flottantes" par an au choix du commerçant en plus d'une période fixe de deux fois cinq semaines déjà en vigueur et fixées par décret.

Enfin, cette loi généralise la distribution du Livret A à toutes les banques, mettant ainsi fin au monopole de La Banque postale, du Crédit Mutuel et des Caisses d'Epargne.



Transports, automobile, (environnement)

Le Medef Île-de-France plaide pour un péage urbain.

 L’environnement figurerait-t-il parmi les préoccupations du syndicat patronal ? Le Medef Île-de-France plaide en effet pour un péage urbain. En réalité, ce sont davantage les résultats d’une étude prône l'instauration de zones payantes afin d'améliorer la mobilité dans la région francilienne qui motivent  le Medef. « La mobilité est un facteur de compétitivité essentiel et, lorsqu'elle est contrainte, elle devient une charge, un frein potentiel au développement ». Partant de ce constat, une demi-douzaine " d'acteurs économiques d'Île-de-France" - dont le Medef Île-de-France - a initié une étude menée par le bureau d'études Setec pour " repenser " la mobilité " de la région capitale ". On observe dans la première région française plus de 35 millions de déplacements quotidiens, dont les deux tiers sont mécanisés. Or, même si l'Île-de-France a confirmé en 2007 son rang de deuxième région d'accueil européenne d'entreprises étrangères (derrière Londres), le taux de croissance des implantations (9 %) reste inférieur à Londres (22 %) et à Madrid (27 %).

Pour les auteurs de l'étude, ces différents constats imposent, en priorité, d'améliorer l'offre de transport et de trouver d'autres modes de financement. Pour encourager les entreprises à favoriser l'utilisation des transports collectifs par leurs salariés, elles devraient être autorisées à déduire du montant du " versement transport " les remboursements des abonnements transports. Il conviendrait aussi d'expérimenter sur cinq ans " la mise à péage de certaines zones urbaines et éventuellement d'axes en Île-de-France ". Le tarif serait modulé en fonction du niveau de pollution des véhicules. Les produits issus de ces péages " pourraient constituer une ressource pérenne affectée aux infrastructures franciliennes de transports ".


Les véhicules 4×4 n'ont plus la cote en France

La question de la pollution figurerait-elle davantage au cœur des préoccupations de l’automobiliste français ? Les immatriculations de voitures tout-terrain ont en effet chuté de 16,7 % au premier semestre dans l'Hexagone. En fait, c’est plutôt le fait que ces véhicules sont victimes du bonus-malus, du prix de l'essence et de la stigmatisation médiatico-politique qui explique cette chute, alors même que ces véhicules connaissaient jusque-là une expansion continue (+ 25 % l'an dernier). Ils ne représentent plus que 4,7 % du marché automobile hexagonal (6,8 % l'an dernier). Un retournement qui intervient alors même que les marques multiplient les nouveaux modèles : les constructeurs avaient pris en effet les décisions de lancement il y a quatre ans, alors que le segment semblait fort prometteur. Si les ventes de gros 4×4 purs et durs comme le Mitsubishi Pajero semblent a priori condamnées, les modèles compacts gardent toutefois un certain potentiel. Mais ce sont désormais les faux 4×4 compacts, plus sobres, qui ont la cote. Les constructeurs préparent aussi de nouvelles générations de mini 4×4 de poche.


 sources: AFP, La Tribune, latribune.fr, lesechos.fr

 

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Publié dans économie

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