chapitre 1: Le Noël du petit Nicolas

Publié le par Vinteur

Aujourd'hui c'est le 21 décembre. On est Dimanche, et dans quatre jour, c'est Noël. Noël, c'est l'un des plus beaux jours de l'année pour des millions d'enfants de la Terre entière. Les rues sont animées, les vitrines illuminées, et les décorations égayent la ville. Les gens semblent moins pressés, prennent le temps d'admirer les vitrines.

Les parents du petit Nicolas ont justement décidé de profiter de ce dimanche pour emmener leur fils à Paris, voir les vitrines de Noël des grands magasins du boulevard Haussman.

Le petit Nicolas est encore petit, il n'arrive pas à la hauteur des vitrines.

"Je vois rien, je vois rien", gémit-il, oubliant au passage le "ne" de la négation, encore trop jeune pour saisir toutes les subtilités de la grammaire. Il s'agripe aux genoux de son père pour que celui-ci le prenne sur ses épaules.

Son père soupire: "Mes épaules, c'est pas des talonnettes" et se résigne à porter son fils devant l'insistance et les caprices de celui-ci. 

Le petit Nicolas est vraiment très heureux: ses yeux se mettent à scintiller lorsqu'il contemple les vitrines animées des grands magasins du boulevard Haussman. Un manège enchanté, des pères Noël qui dansent, des lutins qui travaillent à la chaîne pour construire les jouets "made in China" des petits enfants de la Terre, il n'en faut pas plus pour déceler la joie sur le visage du petit Nicolas. Pourtant, alors qu'il semblait tout heureux quelques secondes auparavant, des traits de tristesse se dessinent sur le visage du petit Nicolas.

 "Eh bien Nicolas, pourquoi fais-tu cette tête là? Tu n'es pas content d'être ici?" lui demande sa maman.

Le petit Nicolas répond, un brin de tristesse dans la voix: "Oh si Maman. C'est si beau toutes ces vitrines qui scintillent. Mais quel dommage que tous les magasins de France ne soient pas tous ouverts le dimanche, comme celui-ci. Comme ça, on pourrait en profiter plus souvent".

 "Mais, mon chéri, les vendeuses ont bien le droit de se reposer, elles aussi. Elles ont peut-être envie aussi de profiter du dimanche pour aller se promener avec leur petit garçon chéri", répond la maman du petit Nicolas pour tenter de le rassurer, même si elle ne croit pas un mot des propos qu'elle est en train de tenir. 

Le petit Nicolas, qui n'aime pas ne pas avoir le dernier mot, renchérit: "oui, mais pourquoi on ne laisse pas travailler seulement ceux qui veulent bien? Comme ça, ils gagneraient plus, et ils pourraient acheter de beaux joujoux à leurs enfants".

La maman ouvre la bouche, prête à lui répondre que les caissières n'auraient en fait pas vraiment le choix dans le contexte de chômage de masse qui carcatérise le pays actuellement, que ça n'est pas aussi simple, que si leur patron leur demandait, elles seraient obligées d'accepeter de venir travailler, de peur d'être les premières à être virées si un plan de liceciement venait à avoir lieu. Et puis que c'est important qu'au moins un jour de la semaine, la société de consommation soit mise entre parenthèses.

Mais la maman se ravise et se mord les lèvres. L'espace d'un instant, elle a oublié qu'elle était de droite. Elle se tait donc, surtout qu'elle ne veut pas contrarier son petit garçon.

Le petit Nicolas et ses parents poursuivent leur chemin. Ils passent devant l'autre grand magasin des grands boulevards. En voyant toutes ces vitrines, le petit Nicolas se dit que la consommation est quand même quelque chose de féerique. Pourquoi mettre la consommation entre parenthèses le dimanche? Si on ne peut même plus rêver le dimanche, se dit à lui même le petit Nicolas. Le petit Nicolas, qui est en CE1 - il a réussi à passer le cap du CP, grâce à l'investissement de ses parents qui sont toujours derrière son dos  pour qu'il réussisse - repense à la consigne du devoir de vocabulaire qu'il doit faire pour mardi: "trouvez des synonymes du mot consommation". Ca y'est, il l'a la réponse: "lumières, illuminations, vitrines, rêve, Noël, jouets, guirlande, fées, mille couleurs". Les synonymes, on apprend ça en CE1, et le petit Nicolas en connait déjà plein.

Depuis ce jour, le petit Nicolas se dit que la consommation, c'est encore plus féerique que le monde enchanté de Walt Disney.

adresse de ce chapitre: http://vinteur.over-blog.com/article-26204405.html 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article